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Rentrée 2019-2020 : priorité au primaire, aux REP/REP+ et à l’école inclusive

Rapporteure des crédits budgétaires de l’Enseignement scolaire au sein de la commission des Finances de l’Assemblée, j’ai suivi avec une attention particulière la conférence de presse de rentrée du Ministre de l’Éducation nationale, M. Blanquer – un moment qui donne toujours de bonnes indications sur ce qui sera présenté dans le cadre du projet de loi de finances.

Dans la continuité de ce qui est mené depuis 2017, les 3 priorités de l’Éducation nationale pour l’année scolaire 2019-2020 seront le primaire, l’éducation prioritaire et l’école inclusive.

Priorité au primaire

Dans la continuité de ce qui est à l’œuvre depuis 2017, la première des priorités sera de lutter dès le primaire contre les inégalités de destin et les inégalités sociales. Pour cela, 3 mesures sont à retenir.

Plus de moyens pour l’école primaire

  • Pas de priorité sans moyens supplémentaires. C’est donc logiquement que les effectifs d’enseignants au primaire seront renforcés cette année encore, pour la 3ème année consécutive, avec plus de 2 300 postes supplémentaires créés. Le taux d’encadrement dans le 1er degré (nombre d’élèves/nombre de professeurs) sera ainsi en hausse dans tous les départements en 2019-2020.
  • Ces créations de postes permettront d’assurer le dédoublement des classes en réseau d’éducation prioritaire (voir plus bas) et de répondre aux besoins nés de la scolarisation d’enfants de 3 ans à 6 ans, dans le cadre de l’instruction obligatoire à partir de 3 ans.
Source : Ministère de l’Éducation nationale

Instruction obligatoire à 3 ans

  • Le vote de la loi pour l’école de la confiance a permis l’introduction d’une mesure de justice sociale : l’instruction obligatoire à 3 ans. En effet, des écarts importants dans l’apprentissage de la lecture et la maîtrise du calcul ont été constatés entre les enfants scolarisés dès 3 ans et ceux scolarisés seulement à partir du CP. Or, ces écarts se maintiennent tout au long du primaire puis du secondaire et à l’âge adulte. Aussi, avec l’instruction obligatoire dès 3 ans, tous les enfants de la République pourront se familiariser au vivre-ensemble et aux premiers apprentissages des savoirs fondamentaux, facilitant ainsi l’insertion de chacun dans la vie de l’école, et plus tard, dans la société.
  • L’obligation porte sur l’assiduité et non la scolarisation : les parents qui le souhaitent peuvent garder leurs enfants à domicile. Toutefois, votre enfant devra acquérir les connaissances et compétences attendues par un enfant scolarisé de son âge. Comme pour tout enseignement à domicile ou dans un établissement hors contrat, des inspections seront menées. Le directeur académique des services de l’éducation nationale fixe la date et le lieu du contrôle, en principe à votre domicile. Les modalités de ce contrôle ont été précisés par un décret publié cet été (consultable ici). En cas de refus de contrôle sans motif valable, vous vous exposez à des sanctions pénales.

Aucune école fermée sans accord du maire

  • Le Président de la République s’y était engagé, le Ministre l’a rappelé : aucune école rurale ne sera fermée sans l’accord du maire de la commune. Pour rappel, 20% des écoles en France ne comptent qu’1 à 2 classes, ce qui représente un coût par élève très souvent supérieur à la moyenne nationale, mais qui évite aux familles d’effectuer plusieurs dizaines de kilomètres pour emmener leurs enfants à l’école le matin. C’est une question d’équité territoriale et de justice sociale.
  • Enfin, à ceux qui accusent notre majorité de déshabiller Paul pour habiller Jacques, en disant que les classes sont dédoublées au détriment des classes rurales, la réalité du terrain leur donne tort : dans les 45 départements les plus ruraux de France, 270 postes ont été créés alors qu’il y a eu 57 000 élèves en moins depuis 2017 !

Priorité aux REP/REP+

Poursuite du dédoublement des classes en REP et REP+

Le dédoublement des classes, initié depuis la rentrée 2017-2018, va concerner tous les CP et CE1 en réseau d’éducation prioritaire (REP) et en réseau d’éducation prioritaire renforcé (REP+), afin de faciliter leur apprentissage des savoirs fondamentaux (lire, écrire, compter, respecter l’autre) à un âge charnière : 5-8 ans.

  • A la rentrée, le dédoublement des classes va se poursuivre pour concerner désormais tous les CP et CE1 de REP et de REP+, soit 300 000 élèves. Cette mesure porte déjà ses fruits, pour les élèves comme pour les enseignants : 98,5 % des professeurs concernés rapportent une meilleure identification des besoins des élèves ; 82 % une meilleure dynamique de la classe.
Source : Ministère de l’Éducation nationale
  • A partir de 2020, le dédoublement des classes sera étendu aux classes de Grande Section (GS) de maternelle en REP et REP+. Dans les GS, CP et CE1 hors REP/REP+, les effectifs seront limités à 24 élèves. Je serai vigilante, dans le cadre du prochain projet de loi de finances, à m’assurer à ce que les établissements scolaires disposent bien des salles, des effectifs et des moyens suffisants pour que cet engagement se concrétise. C’est non seulement une question de crédibilité pour l’institution mais également une question de justice sociale, pour que chaque élève bénéficie de ces conditions d’apprentissage favorables et puisse progresser !

Petits déjeuners gratuits en réseau d’éducation prioritaire

  • Prévue dans le cadre du plan de lutte contre la pauvreté, expérimentée depuis avril 2019 dans des écoles volontaires de 8 académies – dont celle de Lille – la distribution de petits déjeuners gratuits en réseau d’éducation prioritaire va être étendue à toute la France pour toucher 100 000 élèves.
  • Afin de m’assurer du bon fonctionnement de ce dispositif et évaluer au mieux les besoins des parents et des personnels administratifs et enseignants des établissements scolaires, je passerai dans plusieurs écoles de la circonscription, entre la rentrée et la Toussaint. Le cas échéant, je ne manquerai pas de faire remonter, auprès du rectorat et de Monsieur le ministre, les problèmes que la distribution de ces petits déjeuners occasionneraient.

Un soutien financier pour les familles

  • Pour l’année 2019-2020, le ministère consacrera 739 millions d’euros aux bourses de collège et de lycée, soit 4 % de plus que durant l’année 2018. La campagne des demandes de bourse de collège pour l’année scolaire 2019-2020 est ouverte du 2 septembre au 17 octobre 2019. Ne tardez pas !
  • Enfin, le budget du programme « Ouvrir l’école aux parents », destiné à aider les parents allophones* dans la prise en charge de la scolarité de leur enfant, sera multiplié par 2 par rapport à l’an dernier (2 millions d’euros). L’objectif : favoriser l’insertion des parents comme des élèves dans la communauté éducative et la société.

*allophone : personne dont la langue maternelle est une langue étrangère, dans la communauté où elle se trouve

Priorité à l’école inclusive

En juin dernier, j’avais axé mon rapport des crédits budgétaires 2018 de la mission « Enseignement scolaire » sur la nécessité de poursuivre les efforts en faveur de l’école inclusive. Pour la rentrée 2019-2020, de nouveaux moyens vont être déployés, conséquence d’une volonté politique du Ministre, que je soutiens pleinement.

Source : Ministère de l’Éducation nationale

Une organisation des services de l’État repensée, pour mieux accompagner les familles et améliorer les conditions d’emploi des accompagnants : les PIAL

  • A la suite du vote de la loi pour l’école de la confiance, des pôles inclusifs d’accompagnement personnalisé (PIAL), qui rassembleront 1/3 des établissements scolaires, vont voir le jour. Une énième création administrative ? Non ! Un changement complet de paradigme: jusqu’alors, les élèves ayant besoin d’un accompagnant attendaient que la personne soit recrutée. Désormais, les accompagnants sont recrutés au sein du PIAL et apportent leur aide à l’élève dès son arrivée en classe. L’objectif visé ? Une plus grande réactivité dans l’affectation des accompagnants et un accompagnement au plus près des besoins de l’élève.
  • La loi pour l’école de la confiance permet également d’associer l’Éducation nationale aux collectivités pour le recrutement d’un accompagnant (AESH). L’objectif ? Faciliter l’accompagnement d’un élève en situation de handicap entre les temps scolaires et périscolaires, et ainsi faciliter la vie des familles des enfants concernés.
  • Pour faire fonctionner cette nouvelle organisation, 4 500 ETP d’accompagnants vont être recrutés cette année et 29 000 contrats aidés (CUI-AVS) seront transformés en 16 571 ETP d’AESH. Depuis 2017, plus de 80 000 emplois ont été pérennisés en des CDD de 3 ans renouvelables une fois puis « CDIsation ».

250 ULIS dans le 2nd degré d’ici 2022 : 40% de l’objectif sera atteint cette année 2019

  • Le Ministre avait pris, dès 2017, cet engagement destiné à favoriser la formation et l’insertion professionnelle des élèves en situation de handicap. Sur les 250 ULIS prévue pour 2022 dans le 2nd degré, 100 seront créées dès cette rentrée (et 150 au premier degré).

Le cap est bon et la voie est tracée ; je veillerai désormais à la concrétisation de ces engagements lors de l’examen du projet de loi de finances, en octobre prochain.


Pour plus d’informations concernant les mesures de la rentrée scolaire 2019-2020, rendez-vous sur la page dédiée du ministère.

Accélération écologique, justice sociale et pouvoir d’achat : exigences citoyennes, priorités politiques

Ce mercredi, le Premier ministre a prononcé son second discours de politique générale depuis le début du quinquennat.

Au cours des 12 prochains mois, l’accélération du virage écologique de notre économie, le renforcement de la justice sociale et l’augmentation du pouvoir d’achat seront au cœur de l’activité parlementaire et de mon action.

Accélération écologique

Comme le Premier ministre, je crois en un modèle d’économie de marché régulée par le politique et la préservation de l’intérêt général ; je crois à l’innovation pour créer de la richesse ; je crois possible « un nouveau modèle économique qui produise des richesses, donc de l’emploi, sans salir, sans contaminer, sans détruire, sans condamner ceux qui viendront après nous ou qui vivent loin de nous » pour reprendre les termes employés par le Premier ministre.

Concilier croissance et réduction des gaz à effet de serre (GES) n’est pas seulement possible : c’est un impératif. Vouloir opposer croissance et GES, cela signifierait que la réduction des GES passerait par la « décroissance », c’est-à-dire la disparition de secteurs d’activité, de pans entiers d’industrie, donc d’emplois. C’est précisément ce type de projet de société qui a créé un ressentiment chez toute une part de la population, qui a manifesté en nombre pour exprimer le fait qu’elle ne voulait pas être la « laissée pour compte » d’une transition écologique radicale qui ne prêterait pas attention aux fragilités de chacun. Au cours des prochains mois, nous aurons deux objectifs :

1. Rendre plus propre notre économie, en réduisant le gaspillage, en repensant la façon dont nous produisons et consommons notre énergie, ainsi que la façon dont nous nous déplaçons. Pour ce faire, nous avons besoin d’objectifs ambitieux pour réduire notre impact sur l’environnement. C’est précisément ce que notre majorité va porter au cours des prochains mois, avec :
– l’examen du projet de loi d’orientation des mobilités
– l’examen du projet de loi énergie-climat, qui comporte un objectif « zéro émission nette » en 2050 et un objectif de 40% de réduction, d’ici 2030, de la consommation d’énergies fossiles ;
– un projet de loi anti-gaspillage, qui sera examiné en septembre prochain et prévoira un objectif de 100% de plastique recyclé ainsi que la possibilité de mettre en place des systèmes de consigne sur certains emballages et d’imposer l’incorporation de plastique recyclé dans toutes les bouteilles en plastique à usage unique.

2. Montrer l’exemple. D’ores et déjà, le Premier ministre a souhaité que la République montre la voie, en annonçant la suppression des produits en plastique jetables dans l’administration dès l’année prochaine.

Justice sociale

Lutter contre les inégalités de destin, les inégalités sociales, les inégalités nées de logiques corporatistes, les inégalités face à la violence, les inégalités face au travail : c’est le cœur de mon engagement politique.

A ce sujet, la feuille de route est longue, car les injustices sont nombreuses, mais claire :

  • en matière d’éducation, l’école obligatoire sera obligatoire dès 3 ans à partir de la rentrée prochaine. Nous limiterons à 24 élèves par classe toutes les classes de CP et de CE1, afin que les conditions d’enseignement et d’apprentissage soient propices au partage du savoir. Cela impliquera d’accompagner les établissements scolaires dans cette évolution : directrice d’école avant mon élection, désormais rapporteure spéciale de la mission budgétaire « Enseignement scolaire » à la commission des finances, soyez assurés que j’y veillerai ;
  • en matière d’assurance chômage, les chiffres du chômage montre qu’enchaîner les contrats courts (CDD, intérim) ne garantit pas de pouvoir sortir durablement du chômage. Pour lutter contre les abus dans le recours aux contrats courts, le Gouvernement va mettre en place un système de bonus-malus sur les cotisations patronales sur ces contrats, afin d’inciter les employeurs à proposer des emplois stables ;
  • en matière de retraite, notre système fonctionne actuellement avec 42 régimes : ce n’est ni simple, ni juste. Avec le projet de loi portant réforme de notre système de retraite qui sera déposé en septembre prochain, un euro cotisé ouvrira le même droit pour tous, mettant ainsi un terme aux régimes spéciaux ;
  • les mères isolées doivent être protégées : en juin 2020, un mécanisme de sécurisation du paiement des pensions alimentaires, mis en œuvre par la CAF, sera mis en place ;
  • la lutte contre le trafic de stupéfiants, qui gangrène des pans entiers de notre territoire, sera une priorité de notre politique de sécurité au cours des 12 prochains mois. Je me bats de longue date contre ces trafics qui détruisent le vivre-ensemble et la paix dans nos quartiers, qui condamnent des jeunes à une vie sans avenir dans le deal et la drogue. Les renforts de police que j’avais sollicités, dans le cadre de la Police de Sécurité du Quotidien (PSQ), dans les quartiers de Roubaix et de Tourcoing, seront pleinement opérationnels cette année ;
  • enfin, la justice sociale ne peut pas s’accomplir si les services que l’État met en œuvre pour l’atteindre ne sont pas accessibles à tous. Ainsi, dès le 1er janvier 2020, 300 maisons de services publics seront créées. D’ici la fin du quinquennat, il y en aura 1 par canton. Les maisons « France services » proposeront toutes un socle de services commun. Vous pourrez y réaliser les démarches que vous effectuez aujourd’hui auprès de la caisse d’allocations familiales, des ministères de l’Intérieur, de la Justice, du Travail, des Finances publiques, de la caisse d’assurance vieillesse, de la caisse d’assurance maladie, de la mutualité sociale agricole, de Pôle emploi et de La Poste. A Wattrelos, un accueil de proximité remplacera bientôt la trésorerie actuelle de la direction des finances publiques pour mieux vous accompagner dans vos démarches fiscales.

Pouvoir d’achat

Enfin, avec les bons résultats de notre économie et la disparition de dépenses publiques inutiles ou inefficaces, je travaillerai avec le Gouvernement et la majorité à poursuivre la baisse de la pression fiscale qui pèse sur le portefeuille des classes moyennes.

Après la baisse des cotisations sociales et l’augmentation de la prime d’activité, l’impôt sur le revenu sera abaissé dès l’an prochain, aux deux premières tranches. Cette baisse concernera 15 millions de foyers, pour un montant moyen de 350€ par foyer sur la première tranche ; de 180€ par foyer sur la deuxième tranche.

La prime exceptionnelle sera reconduite l’année prochaine. Exonérée d’impôt sur le revenu, de cotisations sociales patronales et salariales et de prélèvements sociaux, cette prime s’adresse à des salariés dont la rémunération est inférieure à 3 SMIC, soit environ 3 600 euros net. Depuis sa mise en œuvre, 2 millions de salariés ont reçu une prime exceptionnelle défiscalisée, pour un montant moyen de 450 euros.

Enfin, la taxe d’habitation sur la résidence principale sera intégralement supprimée pour tous les Français à partir de 2022.

Au total, les impôts des ménages auront baissé de 27 milliards d’euros sur le quinquennat. Avec l’augmentation de la prime d’activité, le gain net de pouvoir d’achat sera de 1 000€ par ménage !