Archives de catégorie : social

Roubaix : inauguration de la Maison des femmes

Samedi 19 octobre, j’étais particulièrement heureuse de me trouver à Roubaix pour procéder à l’inauguration de la Maison des femmes.

Cette structure d’accueil, d’information et d’accompagnement va jouer un rôle éminemment important pour de nombreuses femmes et leurs enfants.
La Maison des femmes arrive à point nommé pour fédérer l’ensemble des acteurs, déjà actifs, sur des problématiques que nous connaissons tous sur notre territoire. Celles-ci sont complexes et par conséquent, les solutions et les suivis des femmes en difficultés doivent s’inscrire au plus près du quotidien et dans des conditions pérennes.

Le fait de regrouper en un même lieu ces acteurs constitue une belle initiative. Ce projet novateur va permettre aux différents partenaires de mettre en avant leurs compétences propres pour accompagner au sein de la structure mais aussi à l’extérieur une vingtaine de femmes. Car outre le fait d’assurer un premier accueil et de gérer l’urgence, la Maison des femmes assure le cas échéant un accompagnement sur le long terme dans de nombreux domaines qui vont de l’insertion professionnelle à la santé en passant par le logement ou l’information juridique.

Cette initiative prend tout son sens en cette période au regard du Grenelle des violences faites aux femmes qu’à voulu le Gouvernement et singulièrement Marlène Schiappa, Secrétaire d’Etat à l’égalité femme/homme.

J’ai moi-même organisé, dans ce cadre, il y a quelques semaines une journée de réflexion collective. Des représentants de la Police, de la justice, de l’éducation nationale, des associations, des hôpitaux se sont retrouvés pour échanger leurs expériences, soulever les problèmes et les disfonctionnements observés. Une rencontre citoyenne a même été organisée pour discuter de ce thème de la violence faite aux femmes et partager des témoignages de victimes.

Il est ressorti de cette journée qu’il n’y avait pas une solution unique à ce problème mais des solutions adaptées à chaque situation. Chaque institution a un rôle a jouer que se soit dans l’accueil des victimes, leur accompagnement social, juridique, psychologique ou encore matériel et même leur protection physique.

Ce qui a fait l’unanimité des participants à cette journée c’est l’importance absolue du premier accueil des victimes et leur prise en charge rapide et complète. Le premier problème que rencontre les femmes qui subissent des violences et qui décident de se séparer de leur conjoint est dans la plupart des cas d’ordre matériel et financier.

C’est pourquoi, j’ai déposé, dans le cadre du PLF 2020, un amendement qui d’une part prévoit une allocation spécifique en faveur des victimes de violences conjugales et d’autre part un avantage fiscal sur la taxe foncière aux propriétaires qui accorde un bail à ces mêmes victimes.

C’est pour toutes ces raisons que je me réjouis de l’ouverture de la Maison des femmes à Roubaix. Je vais suivre avec un grand intérêt son travail et son évolution au cours des prochaines années. Vous pouvez en tout cas compter sur mon plus total soutien dans le travail si essentiel qui est le vôtre.

1 an du plan pauvreté : les principes sont posés, les actions se déploient

Depuis un an, la stratégie de prévention et de lutte contre la pauvreté a concerné, dans leur quotidien, plusieurs centaines de familles de Roubaix et de Wattrelos, et cet impact ira croissant jusqu’en 2022.

Dédoublement des classes de CP et CE1 en éducation prioritaire, emplois francs, prime d’activité augmentée de 100 euros au niveau du Smic, quartiers de reconquête républicaine (QRR) dans le cadre de la police de sécurité du quotidien (PSQ), couverture maladie universelle complémentaire (CMU-C) renouvelée automatiquement pour les bénéficiaires du revenu de solidarité active (RSA) : autant de mesures prises depuis 2 ans par le Gouvernement et notre majorité, qui sont visibles et utiles au quotidien pour chacune et chacun, et qui contribuent à faire reculer la pauvreté.

Car la lutte contre la pauvreté doit être pensée globalement : allocations, sécurité, logement, éducation, places en crèche et surtout, formation, orientation et emploi.

Depuis 2 ans, je me suis investie pour que vos demandes et vos besoins, à Roubaix et à Wattrelos, soient pris en compte. Ainsi, Roubaix a pu bénéficier d’une action ciblée contre le trafic de drogue et les incivilités, dans le cadre de la police de sécurité du quotidien, et une trentaine d’emplois francs avaient déjà été signés par des Roubaisiens en juin dernier.


Retrouver (en cliquant sur les boutons) ce qui a été fait depuis 2 ans à Roubaix et à Wattrelos grâce aux mesures mises en place par le Gouvernement et notre majorité.


Parlementaire ambassadrice de la stratégie pauvreté, je suis de près les travaux sur la mise en œuvre :

  • d’un revenu universel d’activité (RUA), pour simplifier le maquis des allocations et déclencher plus rapidement leurs versements sur les comptes de chacun ;
  • d’un service public de l’insertion (SPI), pour permettre aux plus éloignés de l’emploi (géographiquement ou en raison de leurs compétences) de retrouver du travail.

Les concertations sont en cours : elles permettent de faire travailler ensemble État, collectivités, associations, partenaires sociaux, demandeurs d’emploi, allocataires, afin que les services qui seront mis en œuvre demain soient au plus proche de vos préoccupations et de vos besoins

En 2020, un projet de loi sera déposé, pour mettre en œuvre ce qui aura été collectivement décidé.

Sources : Ministère des Solidarités et de la Santé

Retrouvez ci-après le bilan des 1 an de la Stratégie Pauvreté :

Rentrée 2019-2020 : priorité au primaire, aux REP/REP+ et à l’école inclusive

Rapporteure des crédits budgétaires de l’Enseignement scolaire au sein de la commission des Finances de l’Assemblée, j’ai suivi avec une attention particulière la conférence de presse de rentrée du Ministre de l’Éducation nationale, M. Blanquer – un moment qui donne toujours de bonnes indications sur ce qui sera présenté dans le cadre du projet de loi de finances.

Dans la continuité de ce qui est mené depuis 2017, les 3 priorités de l’Éducation nationale pour l’année scolaire 2019-2020 seront le primaire, l’éducation prioritaire et l’école inclusive.

Priorité au primaire

Dans la continuité de ce qui est à l’œuvre depuis 2017, la première des priorités sera de lutter dès le primaire contre les inégalités de destin et les inégalités sociales. Pour cela, 3 mesures sont à retenir.

Plus de moyens pour l’école primaire

  • Pas de priorité sans moyens supplémentaires. C’est donc logiquement que les effectifs d’enseignants au primaire seront renforcés cette année encore, pour la 3ème année consécutive, avec plus de 2 300 postes supplémentaires créés. Le taux d’encadrement dans le 1er degré (nombre d’élèves/nombre de professeurs) sera ainsi en hausse dans tous les départements en 2019-2020.
  • Ces créations de postes permettront d’assurer le dédoublement des classes en réseau d’éducation prioritaire (voir plus bas) et de répondre aux besoins nés de la scolarisation d’enfants de 3 ans à 6 ans, dans le cadre de l’instruction obligatoire à partir de 3 ans.
Source : Ministère de l’Éducation nationale

Instruction obligatoire à 3 ans

  • Le vote de la loi pour l’école de la confiance a permis l’introduction d’une mesure de justice sociale : l’instruction obligatoire à 3 ans. En effet, des écarts importants dans l’apprentissage de la lecture et la maîtrise du calcul ont été constatés entre les enfants scolarisés dès 3 ans et ceux scolarisés seulement à partir du CP. Or, ces écarts se maintiennent tout au long du primaire puis du secondaire et à l’âge adulte. Aussi, avec l’instruction obligatoire dès 3 ans, tous les enfants de la République pourront se familiariser au vivre-ensemble et aux premiers apprentissages des savoirs fondamentaux, facilitant ainsi l’insertion de chacun dans la vie de l’école, et plus tard, dans la société.
  • L’obligation porte sur l’assiduité et non la scolarisation : les parents qui le souhaitent peuvent garder leurs enfants à domicile. Toutefois, votre enfant devra acquérir les connaissances et compétences attendues par un enfant scolarisé de son âge. Comme pour tout enseignement à domicile ou dans un établissement hors contrat, des inspections seront menées. Le directeur académique des services de l’éducation nationale fixe la date et le lieu du contrôle, en principe à votre domicile. Les modalités de ce contrôle ont été précisés par un décret publié cet été (consultable ici). En cas de refus de contrôle sans motif valable, vous vous exposez à des sanctions pénales.

Aucune école fermée sans accord du maire

  • Le Président de la République s’y était engagé, le Ministre l’a rappelé : aucune école rurale ne sera fermée sans l’accord du maire de la commune. Pour rappel, 20% des écoles en France ne comptent qu’1 à 2 classes, ce qui représente un coût par élève très souvent supérieur à la moyenne nationale, mais qui évite aux familles d’effectuer plusieurs dizaines de kilomètres pour emmener leurs enfants à l’école le matin. C’est une question d’équité territoriale et de justice sociale.
  • Enfin, à ceux qui accusent notre majorité de déshabiller Paul pour habiller Jacques, en disant que les classes sont dédoublées au détriment des classes rurales, la réalité du terrain leur donne tort : dans les 45 départements les plus ruraux de France, 270 postes ont été créés alors qu’il y a eu 57 000 élèves en moins depuis 2017 !

Priorité aux REP/REP+

Poursuite du dédoublement des classes en REP et REP+

Le dédoublement des classes, initié depuis la rentrée 2017-2018, va concerner tous les CP et CE1 en réseau d’éducation prioritaire (REP) et en réseau d’éducation prioritaire renforcé (REP+), afin de faciliter leur apprentissage des savoirs fondamentaux (lire, écrire, compter, respecter l’autre) à un âge charnière : 5-8 ans.

  • A la rentrée, le dédoublement des classes va se poursuivre pour concerner désormais tous les CP et CE1 de REP et de REP+, soit 300 000 élèves. Cette mesure porte déjà ses fruits, pour les élèves comme pour les enseignants : 98,5 % des professeurs concernés rapportent une meilleure identification des besoins des élèves ; 82 % une meilleure dynamique de la classe.
Source : Ministère de l’Éducation nationale
  • A partir de 2020, le dédoublement des classes sera étendu aux classes de Grande Section (GS) de maternelle en REP et REP+. Dans les GS, CP et CE1 hors REP/REP+, les effectifs seront limités à 24 élèves. Je serai vigilante, dans le cadre du prochain projet de loi de finances, à m’assurer à ce que les établissements scolaires disposent bien des salles, des effectifs et des moyens suffisants pour que cet engagement se concrétise. C’est non seulement une question de crédibilité pour l’institution mais également une question de justice sociale, pour que chaque élève bénéficie de ces conditions d’apprentissage favorables et puisse progresser !

Petits déjeuners gratuits en réseau d’éducation prioritaire

  • Prévue dans le cadre du plan de lutte contre la pauvreté, expérimentée depuis avril 2019 dans des écoles volontaires de 8 académies – dont celle de Lille – la distribution de petits déjeuners gratuits en réseau d’éducation prioritaire va être étendue à toute la France pour toucher 100 000 élèves.
  • Afin de m’assurer du bon fonctionnement de ce dispositif et évaluer au mieux les besoins des parents et des personnels administratifs et enseignants des établissements scolaires, je passerai dans plusieurs écoles de la circonscription, entre la rentrée et la Toussaint. Le cas échéant, je ne manquerai pas de faire remonter, auprès du rectorat et de Monsieur le ministre, les problèmes que la distribution de ces petits déjeuners occasionneraient.

Un soutien financier pour les familles

  • Pour l’année 2019-2020, le ministère consacrera 739 millions d’euros aux bourses de collège et de lycée, soit 4 % de plus que durant l’année 2018. La campagne des demandes de bourse de collège pour l’année scolaire 2019-2020 est ouverte du 2 septembre au 17 octobre 2019. Ne tardez pas !
  • Enfin, le budget du programme « Ouvrir l’école aux parents », destiné à aider les parents allophones* dans la prise en charge de la scolarité de leur enfant, sera multiplié par 2 par rapport à l’an dernier (2 millions d’euros). L’objectif : favoriser l’insertion des parents comme des élèves dans la communauté éducative et la société.

*allophone : personne dont la langue maternelle est une langue étrangère, dans la communauté où elle se trouve

Priorité à l’école inclusive

En juin dernier, j’avais axé mon rapport des crédits budgétaires 2018 de la mission « Enseignement scolaire » sur la nécessité de poursuivre les efforts en faveur de l’école inclusive. Pour la rentrée 2019-2020, de nouveaux moyens vont être déployés, conséquence d’une volonté politique du Ministre, que je soutiens pleinement.

Source : Ministère de l’Éducation nationale

Une organisation des services de l’État repensée, pour mieux accompagner les familles et améliorer les conditions d’emploi des accompagnants : les PIAL

  • A la suite du vote de la loi pour l’école de la confiance, des pôles inclusifs d’accompagnement personnalisé (PIAL), qui rassembleront 1/3 des établissements scolaires, vont voir le jour. Une énième création administrative ? Non ! Un changement complet de paradigme: jusqu’alors, les élèves ayant besoin d’un accompagnant attendaient que la personne soit recrutée. Désormais, les accompagnants sont recrutés au sein du PIAL et apportent leur aide à l’élève dès son arrivée en classe. L’objectif visé ? Une plus grande réactivité dans l’affectation des accompagnants et un accompagnement au plus près des besoins de l’élève.
  • La loi pour l’école de la confiance permet également d’associer l’Éducation nationale aux collectivités pour le recrutement d’un accompagnant (AESH). L’objectif ? Faciliter l’accompagnement d’un élève en situation de handicap entre les temps scolaires et périscolaires, et ainsi faciliter la vie des familles des enfants concernés.
  • Pour faire fonctionner cette nouvelle organisation, 4 500 ETP d’accompagnants vont être recrutés cette année et 29 000 contrats aidés (CUI-AVS) seront transformés en 16 571 ETP d’AESH. Depuis 2017, plus de 80 000 emplois ont été pérennisés en des CDD de 3 ans renouvelables une fois puis « CDIsation ».

250 ULIS dans le 2nd degré d’ici 2022 : 40% de l’objectif sera atteint cette année 2019

  • Le Ministre avait pris, dès 2017, cet engagement destiné à favoriser la formation et l’insertion professionnelle des élèves en situation de handicap. Sur les 250 ULIS prévue pour 2022 dans le 2nd degré, 100 seront créées dès cette rentrée (et 150 au premier degré).

Le cap est bon et la voie est tracée ; je veillerai désormais à la concrétisation de ces engagements lors de l’examen du projet de loi de finances, en octobre prochain.


Pour plus d’informations concernant les mesures de la rentrée scolaire 2019-2020, rendez-vous sur la page dédiée du ministère.

Camp rom du Sartel : les communes aisées doivent prendre leur part !

Est-il pertinent que les communes dont les taux de pauvreté sont les plus importants, les taux de chômage les plus élevés et les parcs de logements sociaux les plus saturés, soient laissées seules pour accueillir et prendre en charge des familles qui s’installent sans autorisation et dans des conditions sanitaires précaires ?

Si accueillir ceux qui sont dans le besoin est un devoir, concentrer les difficultés sur une même commune va à l’encontre de la justice sociale la plus élémentaire : réduire les inégalités !

Les communes les plus aisées doivent être en première ligne dans la proposition de solutions d’hébergement et d’accompagnement des familles roms présentes au Sartel.

Le cas de Wattrelos est loin d’être unique en France. Aussi, j’ai interpellé le Ministre de l’Intérieur pour l’inviter à mettre en place des mécanismes de répartition équitables dans l’accueil et la prise en charge de familles roms entre communes aisées et communes pauvres d’une même aire urbaine, et, en particulier dans le cadre de la métropole lilloise.

Mme Catherine Osson alerte M. le ministre de l’Intérieur sur la répartition inéquitable de la prise en charge et de l’accueil de familles roms entre les communes de la métropole lilloise. Depuis deux ans, à Wattrelos, la présence d’un campement illicite dans le quartier du Sartel crée des nuisances répétées, et la situation sanitaire et sécuritaire se dégrade. À ce jour, la préfecture n’a toujours pas exécuté l’ordonnance d’expulsion prononcée puisque, conformément à la circulaire interministérielle du 25 janvier 2018 sur la résorption des campements illicites, le préfet doit, préalablement à la mise en œuvre de ce jugement, s’assurer de la réalisation de diagnostics sociaux des personnes vivant sur le campement auxquelles il faut proposer, en lien avec la commune et la métropole européenne de Lille, des solutions d’hébergement et d’accompagnement adaptées à leur situation. Or, alors que les communes de Wattrelos (qui est l’une des rares de la métropole lilloise à être en conformité avec l’accueil des gens du voyage) et de Roubaix font face à des taux de pauvreté et des difficultés sécuritaires importantes et sont en première ligne sur ces dossiers, les communes aisées de la métropole lilloise ne prennent que trop rarement leur part dans la gestion de ces événements. Aussi, elle souhaite savoir s’il entend contraindre plus fermement les communes les plus aisées à être en première ligne dans l’accueil des familles roms.

Assurance chômage : droits étendus pour les travailleurs, responsabilités accrues pour les employeurs

Le 18 juin, le Premier ministre et la Ministre du Travail ont présenté la réforme de l’Assurance Chômage à venir.

Je soutiens pleinement cette réforme, compte-tenu des mesures adaptées qu’elle propose pour poursuivre 4 objectifs.

Source : Ministère du travail

1. En finir avec le recours abusif aux contrats courts

L’enchaînement de contrats courts ne permet pas aux salariés de trouver durablement un emploi. Cette situation nuit également à la stabilité des situations de vie des salariés concernés et de leur foyer.

Or, les embauches en contrats de moins d’un mois ont été multipliées par 2,5 en 20 ans et représentent aujourd’hui 70 % du total des embauches. Certaines entreprises abusent de ces contrats en y ayant recours de façon permanente, alors qu’ils sont censés permettre à une entreprise de remplir uniquement des tâches ou des fonctions non durables. Ainsi, parmi les contrats de moins d’un mois, 85 % correspondent à des réembauches chez le même employeur. Ces recours abusifs ont un coût : les indemnités chômage versées aux chômeurs ayant enchaîné des contrats courts excèdent de 9 Md€ le montant des cotisations versées par ceux actuellement employés en contrats courts.

Aussi, je soutiens totalement les mesures mises en œuvre par le Gouvernement pour que les entreprises de 7 secteurs d’activité (*) soient incitées à recourir au CDI ou à rallonger la durée des contrats courts.

2. Réduire le niveau d’indemnisation des plus hauts revenus, par souci d’équité

Toutes les cotisations salariales d’assurance chômage ayant été supprimées depuis octobre 2018, les montants d’indemnisation des chômeurs aux plus hauts revenus sont décorrélés du montant de leurs cotisations et ne se fondent plus que sur le niveau de vie lorsqu’ils avaient un emploi.

Or :
– d’une part, ces personnes sont essentiellement des cadres, confrontés à un faible taux de chômage (3,8 %) : leurs compétences sont demandées sur le marché du travail et ils peuvent très rapidement retrouver un emploi ;
– d’autre part, on observe que plus l’allocation chômage moyenne d’une personne est élevée (en raison de ses revenus précédemment plus élevés), plus elle a tendance à rester longtemps au chômage.

Source : Ministère du Travail

Par conséquent, je soutiens pleinement la mesure proposée par le Premier ministre consistant à réduire de 30% le montant de l’allocation après 6 mois de chômage pour les personnes qui avaient un revenu du travail supérieur à 4500€ bruts par mois. La mise en place d’un plancher, fixé à 2 261€ par mois, et la non-application de cette mesure pour les demandeurs d’emploi de 57 ans et plus, témoignent de la justice et de la sagesse du Gouvernement : l’objectif n’est pas de « prendre l’argent aux riches », mais que l’indemnisation du chômage protège prioritairement ceux qui en ont le plus besoin, sans priver quiconque de ses droits.

3. Étendre le droit à l’indemnisation à tous les travailleurs

  • Pour les démissionnaires : tous les salariés ayant au moins 5 ans d’ancienneté dans leur entreprise auront droit à l’assurance chômage quand ils démissionnent pour réaliser un projet professionnel. Cette mesure s’appliquera dès le 1er novembre 2019 ;
  • Pour les travailleurs indépendants : l’indemnisation sera de 800 € par mois pendant 6 mois.

Tout travailleur, quel que soit son statut, pourra ainsi bénéficier d’allocations chômage.

De plus, toute personne ayant un projet de reconversion professionnelle pourra se lancer sans avoir, au début, à poursuivre une autre activité en parallèle !

4. Mettre un terme au déficit chronique et à la dette de l’Assurance chômage

L’ensemble de ces mesures devrait permettre de réaliser 3,4 milliards d’euros d’économies d’ici 2021. Elles permettront de réduire peu à peu la dette de l’Assurance chômage, qui atteint aujourd’hui 36 milliards d’euros, ce qui équivaut à 1 250€ environ par ménage.

Notre système d’Assurance chômage est destiné à apporter une solidarité entre les personnes en âge de travailler d’une même génération, et de protéger les revenus de chaque foyer en cas de crise économique, de crise industrielle ou de faillite d’entreprise.

Alors que le taux de chômage décroit et que la croissance accélère, il n’est pas juste que les comptes de l’Assurance chômage soient déficitaires. En effet, cette situation signifie que les prestations chômage étant supérieures aux cotisations, les générations futures de travailleurs devront rembourser l’écart, avant même qu’elles puissent bénéficier elles-mêmes de ces prestations ! Je m’y refuse, car ce serait faire preuve d’irresponsabilité et d’injustice envers elles.

—————————————————————-

(*) Les secteurs concernés par l’instauration du système bous-malus seront : l’industrie agroalimentaire ; la production/distribution d’eau ; l’hébergement et restauration ; les transports et l’entreposage ; le travail du bois, du papier et de l’imprimerie et du caoutchouc et plastique.

—————————————————————-