Archives de catégorie : Culture

Pour l’inscription du Tour de France au Patrimoine culturel immatériel de l’Unesco !

Sur toutes les routes et dans toutes les villes où elle passe depuis plus de 100 ans, la Grande boucle réunit amateurs de la « petite reine », passionnés et badauds, petits et grands, faisant tomber les barrières sociales, les barrières de la langue. La Grande boucle rassemble, unit, au-delà de nos frontières. Diffusée par plus de 80 chaînes dans près de 190 pays, suivie par 1 milliard de téléspectateurs, elle est le 3ème événement sportif au monde.

Le Tour de France, c’est également, chaque année, une vitrine exceptionnelle pour tout le patrimoine culturel, matériel et immatériel français. L’an dernier, l’arrivée à Roubaix avait permis de donner un coup de projecteur international à notre territoire – même si nous avons également la chance de profiter de la venue du peloton chaque année grâce au Paris (Compiègne !) – Roubaix.

Aussi, j’ai souhaité, avec des collègues de tous bords politiques de l’Assemblée, lancer un appel, pour que le Tour soit inscrit au Patrimoine culturel immatériel de l’Unesco.

Retrouvez ci-après ou en cliquant ici, notre appel :

Le Tour de France s’est élancé de Bruxelles le samedi 6 juillet dans le cadre de sa 106e édition, et chacun d’entre nous a à l’esprit une image, une histoire, un souvenir propre qui caractérise le lien charnel entre le Tour et la France. Que ce soient les amateurs de sport, de géographie, d’architecture, d’histoire… tous, devant notre télévision, avons toujours plaisir à regarder ces images présentant plus particulièrement notre pays du Nord au Sud et d’Est en Ouest. Sur les bords des routes, la liesse populaire s’empare des foules venues en masse. Chacun avec son maillot, sa tunique et ses accessoires exprime sa joie et son bonheur de participer à ce moment de fraternité et de sport.
 
En effet, le Tour est avant tout un très grand moment de sport. Diffusée par plus de 80 chaînes dans près de 190 pays, cette compétition rassemble chaque année plus d’1 milliard de téléspectateurs, ce qui en fait le 3e événement sportif au monde. Du 1er vainqueur, Maurice Garin, au dernier en date, Geraint Thomas, en passant par des légendes comme Anquetil, Coppi, Desgrange, Fignon, Hinault, Indurain, Jalabert, Lemond, Merckx, Poulidor… autant de noms, d’images et d’épopées qui ont marqué l’histoire de tout un chacun. Dans cette grande saga sportive, chaque année, une petite histoire s’ajoute ancrant le Tour dans un imaginaire collectif durable. Des premières aux plus récentes éditions, de nombreux changements se sont opérés. Pour autant, ces compétiteurs partagent toujours le goût de l’effort, de l’abnégation et du dépassement de soi, les plaçant de facto dans le Panthéon du sport…
 
Mais le Tour, ce n’est pas que du sport, et, sans son public, il ne serait pas un tel monument, le seul spectacle de cette nature au monde à la fois populaire et gratuit. Au cœur du mois de juillet, bravant la chaleur, l’orage, la pluie, la grêle et parfois même la neige, des millions de spectateurs se pressent le long des routes du Tour pendant des heures pour apercevoir les coureurs, les encourager et les porter vers les sommets. Des français mais aussi des allemands, des anglais, des australiens, des belges, des colombiens, des espagnols des hollandais, des italiens, des japonais des sud-africains… une Tour de Babel réunie autour d’une passion commune et d’un événement mondial.
 
Des colonnes de caravanes, de vélos et de voitures se mêlent et s’entremêlent aux sons des cornes et des sifflets créant ainsi un spectacle inédit que l’on ne trouve nulle part ailleurs. De la ferveur populaire au renforcement du lien social, cette compétition, au-delà du sport, nous rassemble tous au-delà de nos origines, de nos convictions ou de nos parcours…
 
Et le Tour est aussi un parcours… Il est le tour de la France, de notre Histoire ancienne et contemporaine portée par nos plaines, nos vallées, nos monts, cols et sommets, de tout ce qui caractérise notre Patrimoine. Il est une vitrine de nos paysages, de notre gastronomie et de notre culture mais aussi des pays voisins européens toujours plus nombreux à candidater. Que ce soit en lisant leur journal, écoutant la radio, devant la télévision avec les récits d’Antoine Blondin, puis de Jean-Paul Ollivier, d’Eric Fottorino et aujourd’hui de Franck Ferrand… ou sur place, spectateurs et téléspectateurs apprécient et se délectent de « ces légendes et images » qui fascinent et qui font honneur à notre pays et à ceux que le Tour traverse.
 
Ce n’est pas un hasard si tant de communes, chaque année, candidatent pour le passage du Tour ou mieux encore pour être ville départ ou ville arrivée. Cette épreuve est une formidable chance pour attirer le regard et accueillir nombre de touristes. Elle valorise leur géographie bien entendu mais également leur économie. Le Tour de France profite aux sites d’hébergement et de restauration, aux commerces, aux organisateurs d’activités touristiques sportives et ludiques… et crée une émulation! Il s’inscrit pleinement dans le développement de l’économie locale et permet de faire rayonner nos terroirs.
 
Enfin, il nous faut saluer la capacité d’adaptation des organisateurs car le Tour vit avec son temps. Au-delà des changements en termes techniques et sportifs, l’organisation se réinvente chaque année : passages et formats inédits, expérimentation, règles nouvelles, sécurisation du public et des coureurs, protection de l’environnement… autant d’éléments montrant les transformations profondes engagées au cours des dernières décennies.
 
Le Tour de France, plus qu’un emblème national, est un mythe mondial. A l’instar de ce que nous avait fait pour le « Repas gastronomique des Français », nous devons le protéger et le porter comme un étendard de notre culture, de notre patrimoine, de notre vivre-ensemble, bref, de ce que nous sommes. Son inscription au Patrimoine culturel immatériel de l’Unesco, au-delà d’une fierté, serait une reconnaissance faite à cette épreuve magnifique, à ses organisateurs, à toutes celles et ceux qui participent à son rayonnement et à tous ceux qui aux bords des routes ou devant leur écran de télévision se passionnent pour cette « communion » populaire qui, tous les mois de juillet, place la France… au centre du monde !

Tribune de Philippe FOLLIOT (député LREM du Tarn), avec Catherine OSSON et 51 députés de l’Assemblée nationale