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Loi Santé : des soignants plus nombreux, des soins plus accessibles

La commission mixte paritaire réunissant députés et sénateurs étaient parvenus à élaborer un texte commun. Après le vote du Sénat aujourd’hui, la loi relative à l’organisation et à la transformation du système de santé a été votée par les deux assemblées.

Déclinaison du plan « Ma Santé 2022« , cette loi va permettre de moderniser les parcours et les carrières des soignants, de faciliter l’accès à des soins de proximité dans tous les territoires et de simplifier le parcours de santé de chacun grâce au numérique.

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1. Des soignants plus nombreux, aux profils et missions diversifiés

Formation des personnels soignants

Le numerus clausus sera supprimé à la rentrée 2020 et les passerelles seront plus nombreuses vers les 2e et 3e années d’études en santé. Le nombre d’étudiants en santé admis en 2e année sera déterminé par chaque université, en fonction des besoins de santé du territoire et des objectifs nationaux définis par le Ministère de la Santé.

  • Objectif : augmenter de 20% le nombre de médecins formés.

Suppression des épreuves nationales classantes (ECN), qui précèdent l’internat.

  • Objectif : mieux prendre en compte les compétences médicales, relationnelles et le projet professionnel des étudiants dans leur choix de spécialité.

Temps médical libéré

Les pharmaciens auront la possibilité de délivrer certains médicaments à prescription médicale obligatoire (cystites, angines…), et les infirmiers pourront adapter la posologie de certains médicaments.

  • Objectif : pour les patients, pas besoin de poser une demi-journée pour avoir une nouvelle ordonnance et acheter les médicaments concernés ; pour les médecins, passer plus du temps sur des tâches qu’eux-seuls sont capables d’accomplir.

Par accord entre l’Assurance maladie et les professionnels de santé, une nouvelle fonction, celle « d’assistant médical », va voir le jour. Selon ce que souhaitera chaque médecin l’aassistant médical se verra confier des tâches administratives, des missions d’organisation et de coordination (programmation d’un RDV) et aidera à la préparation et au bon déroulement de la consultation (prise de tension, pesée ; délivrance de tests ou de kits de dépistage).

  • Objectif : pour les médecins, optimiser le temps de consultation aux tâches qu’eux-seuls sont capables d’accomplir, pour recevoir plus de patients.

Régularisation de praticiens étrangers

Médecins, dentistes et sages-femmes diplômés hors UE, et en principe interdits d’exercer sans diplôme reconnu dans l’UE, pourront voir leur situation régularisée d’ici à la fin 2021 après étude de leur dossier.

  • Objectif : reconnaître l’engagement de personnels soignants présents au quotidien pour nous soigner et accroître le nombre de personnels soignants.

2. Développer une offre de soins complète et de proximité

Des renforts dans les déserts médicaux

Les étudiants en dernière année d’internat devront effectuer un stage d’au moins 6 mois en médecine de ville ou en maison de santé, en priorité dans les zones manquant de médecins.

  • Objectif : faire bénéficier les déserts médicaux du renfort de personnels soignants compétents, parvenus au terme de leur formation.

Hôpitaux de proximité

Sur les 3.000 hôpitaux et cliniques existants, labelliser 500 à 600 hôpitaux comme « hôpitaux de proximité » : ils seront recentrés sur la médecine générale, la gériatrie et la réadaptation. Ils assureront le premier niveau de soins pour la prise en charge de personnes vulnérables (handicapées, âgées, en rééducation). Ils participeront à des actions de prévention et de promotion de la santé. Ils pourront exercer une activité de soins palliatifs. Le cas échéant, ils orienteront les patients vers des établissements ou structures plus adaptées à leurs besoins.

  • Objectif : garantir une offre de soins qui répond aux besoins de santé de la population locale.

3. Le numérique au service des patients et des soignants

Un espace numérique de santé personnel d’ici 2022

Un espace numérique de santé sera créé pour chacun. Il inclura le dossier médical partagé, nos remboursements, nos renseignements sur notre personne de confiance en matière de santé ou sur le don d’organes. Les données contenues sur cet espace numérique ne pourront pas être demandées pour la conclusion d’un contrat de complémentaire santé, évitant ainsi les discriminations en fonction de notre situation de santé.

  • Objectif : faciliter la transmission de nos informations de santé aux soignants qui nous suivent, évitant ainsi de réexpliquer à chaque professionnel l’ensemble de sa situation médicale personnelle.

« Télésoin »

Comme la télémédecine pour les médecins, les pharmaciens et les auxiliaires médicaux auront la possibilité d’avoir une activité à distance.

  • Objectif : éviter les déplacements pour les personnes éloignées des services concernés.

Source : Ministère des Solidarités et de la Santé

Assurance chômage : droits étendus pour les travailleurs, responsabilités accrues pour les employeurs

Le 18 juin, le Premier ministre et la Ministre du Travail ont présenté la réforme de l’Assurance Chômage à venir.

Je soutiens pleinement cette réforme, compte-tenu des mesures adaptées qu’elle propose pour poursuivre 4 objectifs.

Source : Ministère du travail

1. En finir avec le recours abusif aux contrats courts

L’enchaînement de contrats courts ne permet pas aux salariés de trouver durablement un emploi. Cette situation nuit également à la stabilité des situations de vie des salariés concernés et de leur foyer.

Or, les embauches en contrats de moins d’un mois ont été multipliées par 2,5 en 20 ans et représentent aujourd’hui 70 % du total des embauches. Certaines entreprises abusent de ces contrats en y ayant recours de façon permanente, alors qu’ils sont censés permettre à une entreprise de remplir uniquement des tâches ou des fonctions non durables. Ainsi, parmi les contrats de moins d’un mois, 85 % correspondent à des réembauches chez le même employeur. Ces recours abusifs ont un coût : les indemnités chômage versées aux chômeurs ayant enchaîné des contrats courts excèdent de 9 Md€ le montant des cotisations versées par ceux actuellement employés en contrats courts.

Aussi, je soutiens totalement les mesures mises en œuvre par le Gouvernement pour que les entreprises de 7 secteurs d’activité (*) soient incitées à recourir au CDI ou à rallonger la durée des contrats courts.

2. Réduire le niveau d’indemnisation des plus hauts revenus, par souci d’équité

Toutes les cotisations salariales d’assurance chômage ayant été supprimées depuis octobre 2018, les montants d’indemnisation des chômeurs aux plus hauts revenus sont décorrélés du montant de leurs cotisations et ne se fondent plus que sur le niveau de vie lorsqu’ils avaient un emploi.

Or :
– d’une part, ces personnes sont essentiellement des cadres, confrontés à un faible taux de chômage (3,8 %) : leurs compétences sont demandées sur le marché du travail et ils peuvent très rapidement retrouver un emploi ;
– d’autre part, on observe que plus l’allocation chômage moyenne d’une personne est élevée (en raison de ses revenus précédemment plus élevés), plus elle a tendance à rester longtemps au chômage.

Source : Ministère du Travail

Par conséquent, je soutiens pleinement la mesure proposée par le Premier ministre consistant à réduire de 30% le montant de l’allocation après 6 mois de chômage pour les personnes qui avaient un revenu du travail supérieur à 4500€ bruts par mois. La mise en place d’un plancher, fixé à 2 261€ par mois, et la non-application de cette mesure pour les demandeurs d’emploi de 57 ans et plus, témoignent de la justice et de la sagesse du Gouvernement : l’objectif n’est pas de « prendre l’argent aux riches », mais que l’indemnisation du chômage protège prioritairement ceux qui en ont le plus besoin, sans priver quiconque de ses droits.

3. Étendre le droit à l’indemnisation à tous les travailleurs

  • Pour les démissionnaires : tous les salariés ayant au moins 5 ans d’ancienneté dans leur entreprise auront droit à l’assurance chômage quand ils démissionnent pour réaliser un projet professionnel. Cette mesure s’appliquera dès le 1er novembre 2019 ;
  • Pour les travailleurs indépendants : l’indemnisation sera de 800 € par mois pendant 6 mois.

Tout travailleur, quel que soit son statut, pourra ainsi bénéficier d’allocations chômage.

De plus, toute personne ayant un projet de reconversion professionnelle pourra se lancer sans avoir, au début, à poursuivre une autre activité en parallèle !

4. Mettre un terme au déficit chronique et à la dette de l’Assurance chômage

L’ensemble de ces mesures devrait permettre de réaliser 3,4 milliards d’euros d’économies d’ici 2021. Elles permettront de réduire peu à peu la dette de l’Assurance chômage, qui atteint aujourd’hui 36 milliards d’euros, ce qui équivaut à 1 250€ environ par ménage.

Notre système d’Assurance chômage est destiné à apporter une solidarité entre les personnes en âge de travailler d’une même génération, et de protéger les revenus de chaque foyer en cas de crise économique, de crise industrielle ou de faillite d’entreprise.

Alors que le taux de chômage décroit et que la croissance accélère, il n’est pas juste que les comptes de l’Assurance chômage soient déficitaires. En effet, cette situation signifie que les prestations chômage étant supérieures aux cotisations, les générations futures de travailleurs devront rembourser l’écart, avant même qu’elles puissent bénéficier elles-mêmes de ces prestations ! Je m’y refuse, car ce serait faire preuve d’irresponsabilité et d’injustice envers elles.

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(*) Les secteurs concernés par l’instauration du système bous-malus seront : l’industrie agroalimentaire ; la production/distribution d’eau ; l’hébergement et restauration ; les transports et l’entreposage ; le travail du bois, du papier et de l’imprimerie et du caoutchouc et plastique.

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Pour lutter contre la pauvreté : casser la reproduction de la pauvreté, sortir de la pauvreté par le travail, créer un revenu universel d’activité

La ministre des solidarités et de la santé et la secrétaire d’État auprès de la ministre des solidarités et de la santé ont présenté, mercredi 20 mars, une communication portant sur la mise en œuvre de la stratégie nationale de prévention et de la lutte contre la pauvreté.

La stratégie de prévention et de lutte contre la pauvreté répond à deux impératifs du Gouvernement :

  • rompre avec la reproduction de la pauvreté en mettant l’accent sur la prévention auprès des enfants et des jeunes,
  • permettre la sortie de la pauvreté en donnant la possibilité à chacun de retrouver du travail,
  • transformer notre modèle social au bénéfice des plus vulnérables

I. Casser la reproduction de la pauvreté

1. Soutien aux familles : crèches et points budgets supplémentaires

30 000 places de crèches supplémentaires seront créées d’ici 2022.Depuis le 1er janvier 2019, la tarification des crèches est réformée pour inciter les collectivités et les gestionnaires à davantage de mixité sociale, et un tiers payant sera mis en place d’ici la fin du premier semestre pour que les familles en difficulté financière n’aient plus à avancer les frais de garde lorsqu’ils ont recours à un assistant maternel.

Le contenu de la formation des 600 000 professionnels de la petite enfance est en cours de refonte pour renforcer la qualité de l’accueil en mettant l’accent, dès le plus jeune âge, sur l’apprentissage de la langue française.

La création de 170 nouveaux centres sociaux dans les quartiers prioritaires de la politique de la ville est programmée, pour proposer des actions de soutien aux familles. 150 points conseils budgets seront labellisés dès 2019 pour aider les familles rencontrant des difficultés financières et prévenir le surendettement.

2. A l’école : petits-déjeuners et cantine à prix réduits

Pour que plus aucun enfant n’arrive à l’école sans avoir mangé le matin, 40 000 enfants scolarisés dans 400 écoles ont d’ores et déjà accès à des petits déjeuners à l’école. À la rentrée de septembre 2019, plus de 100 000 enfants pourront en bénéficier.

A partir du 1er avril 2019, un fonds de soutien de l’État permettra à 3 400 communes et 500 intercommunalités de mettre en place une tarification sociale pour les repas servis aux enfants de familles pauvres.

3. SDF : prévenir la mendicité des enfants

Enfin, 50 équipes de maraudes mixtes, associant des professionnels de l’insertion et de la protection de l’enfance, seront déployées dans 16 départements et métropoles en 2019 pour aller vers les familles à la rue et prévenir la mendicité des enfants.

II. Sortir de la pauvreté en retrouvant du travail

1. Des jeunes mieux accompagnés

L’obligation de formation jusqu’à 18 ans a été adoptée par l’Assemblée Nationale, il y a quelques semaines, lors de l’examen du projet de loi pour une école de la confiance (article 3 bis). Elle entrera en vigueur en septembre 2020, pour que des solutions de formation soient trouvées pour les 60 000 jeunes mineurs ni en emploi, ni en formation, ni en études dans notre pays.

Dès 2019, 100 000 nouveaux jeunes pourront entrer en « garantie jeunes » et 50 000 jeunes pourront également être mieux aidés par les missions locales dans le cadre de leur parcours d’accompagnement.

Pour les jeunes particulièrement vulnérables que sont les sortants de l’aide sociale à l’enfance, un nouveau cadre contractuel a été mis en place le 14 février 2019 entre l’État et les départements, auquel sont adossés des crédits de la stratégie pauvreté. L’objectif est de permettre à tous les jeunes accueillis à l’aide sociale à l’enfance nés à partir de 2001 d’être accompagnés par les départements à l’atteinte de leurs 18 ans.

2. Extension des dispositifs d’insertion existants

Nouvelle forme d’accompagnement social et professionnel renforcé créée par la stratégie pauvreté, la « garantie d’activité » –
combinant accompagnement social renforcé et insertion dans l’emploi, suivi assuré par Pôle emploi – se déploie dans les territoires. 40 000 personnes y auront accès en 2019, et 300 000 en 2022.

Dès 2019, 10 000 salariés supplémentaires pourront être accueillis par les entreprises et associations du secteur de l’insertion par l’activité économique.

Pour déployer les mesures relevant des compétences des conseils départementaux, le Gouvernement propose aux collectivités volontaires de s’engager dans une démarche de contractualisation financière inédite avec l’État, conditionnée à des objectifs ambitieux. Le fonds de contractualisation d’un montant de 135 M€ en 2019 sera porté à au moins 210 M€ en 2022. L’ensemble des départements volontaires pourront contractualiser avant la fin de l’année 2019.

III. Transformer notre modèle social au bénéfice des plus vulnérables

1. Revenu universel d’activité

Le revenu universel d’activité doit permettre de rénover en profondeur le système des prestations monétaires versées aux ménages modestes, à travers la création d’une prestation unique sous conditions de ressources fusionnant le plus grand nombre possible d’allocations existantes, par une loi qui sera votée en 2020. Cette réforme fera l’objet d’une concertation institutionnelle et citoyenne très large, avec toutes les parties prenantes concernées, à partir de la fin du mois d’avril 2019.

2. Automatisation du renouvellement de la CMU-C

Au 1er avril 2019, tous les bénéficiaires du revenu de solidarité active verront leur CMU-C renouvelée automatiquement. Ce sont plus d’un million de foyers pauvres et modestes qui pourront bénéficier d’une complémentaire santé de qualité grâce à la création de la CMU-C « contributive ». Cette mesure permettra à chacun de bénéficier d’une protection continue de sa santé

3. Création d’un service public de l’insertion

Parce que les prestations ne doivent pas pouvoir être dissociées de l’accompagnement, cette réforme a pour corollaire nécessaire un renforcement massif de l’accompagnement des bénéficiaires de minima sociaux à travers la création d’un service public de l’insertion qui devra proposer à tous ceux, qui en ont besoin et sur tout le territoire, la même qualité d’accompagnement individualisé vers le retour à l’emploi. Une concertation avec les acteurs concernés se lancera au printemps, afin que des mesures concrètes puissent également trouver une traduction législative en 2020.

Reconnaissance des anciens combattants en Algérie : un budget 2019 avec de réelles avancées, mais une attribution de la médaille militaire encore trop lente

Les sollicitations répétées des associations de Harkis et les recommandations du rapport « Aux harkis, la France reconnaissante » n’auront pas été vaines.

A partir de 2019, la mission budgétaire « Anciens combattants, mémoire et liens avec la nation » permettra de financer plusieurs avancées, qui ne sont que justice et reconnaissance de la Nation envers ses soldats et leurs descendants :

  • La Carte du Combattant sera étendue aux anciens combattants présents en Algérie entre le 3 juillet 1962 et le 1er juillet 1964, soit 50 000 personnes environ. Cette extension représente une juste reconnaissance, pour un montant de 6,6 M€ en 2019, puis de 30 M€ en année pleine à partir de 2020 ;
  • Les allocations de reconnaissance et viagère dont bénéficient les anciens membres des formations supplétives et leurs conjoints survivants seront revalorisées de 400€. Cette mesure portera l’allocation annuelle, selon les cas, de 2587€ à 2987€ et de 3709€ à 4109€. Elle concernera environ 5 800 personnes ;
  • Un dispositif de solidarité au profit des descendants des Harkis, pour un montant de 30 M€ sur quatre ans (7,35 M€ dès 2019).

Pour autant, d’autres droits doivent encore être effectivement consacrés. J’ai déposé une question écrite à l’attention de Mme la Secrétaire d’État auprès de la Ministre des Armées pour l’alerter sur la nécessité d’accélérer les attributions de médaille militaire pour les anciens combattants d’Algérie.

Les anciens combattants engagés lors des opérations qui se sont déroulées en Algérie entre 1954 et 1962 vieillissent et voient nombre de leurs camarades disparaître progressivement. Ils ne comprennent pas ce retard de la France à reconnaître leur vaillance et qu’ils aient porté les armes au service et à la demande de la République.

J’appelle ainsi le Gouvernement à envisager l’automatisation de l’examen des dossiers individuels et à tenir compte des besoins en majorant exceptionnellement les contingents, pour qu’ils atteignent au plus vite le niveau nécessaire.

Semaine parlementaire du 10 décembre 2018

La semaine parlementaire a été marquée par trois événements :

  • Lundi soir, l’annonce par le Président de la République de 10 Md€ de mesures en faveur du pouvoir d’achat, notamment pour les plus modestes, et l’annonce d’un Grand débat national, organisé dans toute la France, sur les questions de la transition écologique au quotidien (se chauffer, se loger, se déplacer), de la fiscalité et des services publiques, de l’organisation de l’État et de la démocratie et de la citoyenneté ;
  • Mardi soir, la fusillade sur le marché de Noël de Strasbourg, qui a à nouveau endeuillé notre pays ;
  • Jeudi, l’examen de la motion de censure à l’encontre du Gouvernement déposée par les groupes France Insoumise, Socialistes et apparentés, et Gauche démocrate et républicaine.

En commission

Audition de M. Didier MIGAUD, président du Conseil des Prélèvements Obligatoires (CPO)

A la suite de la publication du rapport du CPO « Les taxes affectées : des instruments à mieux encadrer », M. Migaud a été auditionné par la commission des finances, mercredi.

Mercredi, j’ai interrogé M. Migaud concernant la recommandation faite par le Conseil de mettre en place un système d’information centralisé permettant de collecter les données relatives aux taxes affectées et obliger dans la loi les organismes affectataires à alimenter ce système d’information. A ma question de savoir si les députés seraient susceptibles d’avoir directement accès à ce système d’information, le Président du CPO a confirmé qu’il pouvait tout à fait être envisagé qu’un rapporteur spécial de la commission des finances puisse être désigné au contrôle spécifique de la correcte affectations de ces taxes et avoir ainsi accès au système d’information visé.

Synthèse du rapport

5 ans après son rapport sur« La fiscalité affectée : constats,enjeux et réformes » publié en 2013, le CPO avait été saisi par la commission des finances du Sénat pour établir un rapport sur les « impositions de toutes natures affectées à des tiers autres que les collectivités territoriales et les organismes de Sécurité sociale », soit environ 150 taxes d’un montant de près de 30 Md€ affectées au financement des agences de l’État (ex. AFITF), aux organismes consulaires (CCI, Chambres des Métiers…), aux organismes gestionnaires des fonds de la formation professionnelle, aux dispositifs de péréquation et de solidarité nationale (ex. FNAL)

La fiscalité affectée permet de faciliter l’acceptation de l’impôt, en créant un lien entre nature de la taxe et destinataire et objet du financement (ex. la taxe sur les entrées en salle de cinéma finance le CNC, qui a pour mission notamment de soutenir la production de films français).

Toutefois, le développement des taxes affectées s’est accompagné d’un certain nombre de dérives : recettes excessives par rapport aux besoins des organismes affectataires, opacité du dispositif, complexification du système fiscal. Celles-ci avaient été soulignées par le rapport du CPO de 2013. Depuis, les mesures prises –notamment le plafonnement d’un nombre croissant de taxes affectées pour éviter les surfinancements de certains organismes et des dérives de gestion budgétaire– ont efficacement limité certains des dysfonctionnements observés jusque-là.

Si la stabilisation du nombre des taxes affectées et de leur montant (entre 2007 et 2011 : +27,6% // entre 2011 et 2017 : +4,1%) traduit cette amélioration, le Conseil émet plusieurs recommandations et suggère notamment :

  1. D’améliorer l’information du Parlement, en :
    • Organisant la centralisation effective des données pour améliorer la fiabilité des informations disponibles
    • Soumettant les organismes affectataires à l’obligation de publier un rapport annuel sur l’emploi de leurs taxes affectées
  2. De mieux encadrer le recours aux taxes affectées, en :
    • Prévoyant chaque année un vote du Parlement sur les taxes affectées aux agences dans le cadre du débat budgétaire
    • Cantonnant aux seules lois de finances (et non dans n’importe quelle loi ordinaire comme c’est le cas jusqu’à présent) la possibilité de créer une taxe affectée
    • Supprimant certaines taxes affectées, notamment celles à faible rendement (87 ont un rendement inférieur à 150 M€), à coûts de collecte élevés et celles qui pourraient être transformées en contributions volontaires obligatoires

Présentation du rapport de la mission d’information sur les usages des bloc-chaînes (blockchains) et autres techniques de certification de registre

Mercredi, la mission d’information sur les blockchains a présenté le contenu de son rapport. Alors que, dans le cadre du projet de loi relatif à la croissance et la transformation des entreprises (PACTE), un cadre juridique pour les levées de fonds virtuelles (ICO) a été adopté en 1ère lecture, l’Assemblée poursuit son travail afin de faire de la France une des places incontournables du développement et du financement de solutions numériques sécurisées.

Examen du rapport de la mission d’évaluation et de contrôle sur les outils publics encourageant l’investissement privé dans la transition écologique

Dans le contexte des récentes manifestations à travers toute la France, le rapport de cette mission d’évaluation et de contrôle va permettre d’établir clairement l’efficacité des dispositifs publics destinés à soutenir l’investissement privé dans la transition écologique. Il sera rendu public dans les prochains jours.

En séance

La motion de censure déposée contre le Gouvernement

Jeudi, la motion de censure déposée par les groupes FI, socialistes et GDR a fait l’objet d’un débat de 3 heures. Dans un contexte sécuritaire tendu à la suite des derniers week-ends de manifestation et de la fusillade à Strasbourg survenue la veille, ce débat a permis de revenir à l’essence de la démocratie : dialoguer et voter. Signée par les seuls groupes de gauche (70 voix sur 577), la motion de censure n’a pas été adoptée. Je suis étonnée de voir trois groupes de gauche aux corpus idéologiques fondamentalement opposés s’allier en pareille occasion (au lendemain d’une fusillade ayant coûté la vie à 4 personnes, avec un tireur encore en fuite à ce moment), alors même que le Gouvernement poursuit plus que jamais ses efforts, après les annonces faites par le Président de la République, en faveur :

  • d’un travail qui paie (cf. mon article à ce sujet)
  • du handicap : revalorisation de l’AAH de+6,2% en 2018, +4,7% en 2019 à 900€/mois pour une personne seule
  • des petites retraites : revalorisation de l’ASPA – minimum vieillesse – de +3,7% en 2018, +4,2% en 2019, +4% en 2020, à 903€/mois pour une personne seule

Le projet de loi habilitant le Gouvernement à prendre par ordonnance les mesures de préparation au retrait du Royaume-Uni de l’Union européenne

Lundi, le projet de loi habilitant le Gouvernement à prendre par ordonnance les mesures de préparation au retrait du Royaume-Uni de l’UE a été amendé en 1ère lecture par l’Assemblée (2 amendements votés). La procédure accélérée enclenchée par le Gouvernement sur ce texte aboutit à la convocation d’une commission mixte paritaire au cours de laquelle députés et sénateurs tâcheront d’aboutir à la production d’un texte qui puisse être voté dans les mêmes termes par les deux assemblées.

Ce texte doit permettre au Gouvernement de prendre les mesures nécessaires pour tirer les conséquences d’un éventuel retrait du Royaume-Uni de l’Union européenne sans accord (« hard Brexit »), en matière :

  • de droit d’entrée et de séjour des ressortissants britanniques en France
  • d’emploi des ressortissants britanniques ayant une activité salariée en France
  • d’exercice de professions réglementées en France, par des ressortissants britanniques
  • de règles applicables à la situation des agents titulaires et stagiaires de la fonction publique de nationalité britannique
  • d’application de la législation relative aux droits sociaux et aux prestations sociales des résidents de nationalité britannique en France
  • de contrôle de marchandises et des personnes à destination et en provenance du Royaume-Uni
  • de contrôle vétérinaire et phytosanitaire à l’importation en provenance du Royaume-Uni
  • de réalisation d’opérations de transport routier de marchandises ou de personnes sur le territoire français, y compris en transit, par des personnes physiques ou morales établies au Royaume-Uni

Les projets de loi de programmation 2018-2022 et de réforme de la justice et de loi organique relatif au renforcement de l’organisation des juridictions

Mardi, en 1ère lecture, l’Assemblée a amendé le texte qui avait été voté par le Sénat. La procédure accélérée enclenchée par le Gouvernement sur ce texte a provoqué la convocation d’une commission mixte paritaire au cours de laquelle députés et sénateurs ne sont pas parvenus à établir un texte commun. Le texte est donc renvoyé à l’Assemblée pour un examen en nouvelle lecture mercredi 19 décembre.

Mercredi, trois propositions de lois examinées : deux amendées, une votée

L’Assemblée a adopté sans modification la proposition de loi adoptée en 1ère lecture au Sénat relative à la réforme de la caisse des Français à l’étranger, déposée par le sénateur Jean-Yves Leconte (socialistes et républicains). 

L’Assemblée a amendé deux autres propositions de lois :

En groupe d’études (GE)

Réunion du GE « Santé à l’école »

Mercredi, le groupe d’études« Santé à l’école », dont je suis vice-présidente, a étudié les possibilités d’amender le texte du projet de loi pour une école de la confiance pour y faire figurer des dispositions relatives à la promotion de la santé, de la correcte alimentation et du bien-être de l’enfant à l’école.