Un déconfinement maîtrisé et cohérent

Ce mardi 28 avril 2020, le Premier ministre a annoncé à l’Assemblée nationale les modalités dans lesquelles se dérouleront le déconfinement. Je souscris pleinement à la sagesse et à la prudence qui guident l’ensemble de ces mesures. L’enjeu demeure de préserver la santé des français tout en opérant un retour progressif à une vie la plus normale possible.

  • Un constat médical certain : apprendre à vivre avec le virus

Devant la durée estimée a minima d’un an avant la création d’un vaccin, nous allons devoir vivre avec le virus et apprendre à nous en protéger.

Le risque d’une seconde vague doit être pris au sérieux et nous devons agir avec progressivité.

La circulation du virus n’est pas uniforme dans les territoires et crée des différences qui doivent être prises en compte. Un travail de concertation va être mis en place dans les prochains jours pour permettre de mettre en place et adapter le plan.

  • À partir du 11 mai, un plan en trois axes : protéger, tester, isoler
  • Protéger :

Il est impératif que chacun adopte les comportements appropriés pour éviter la contamination. Le respect des gestes barrières ainsi que le port du masque dans les conditions prévues par le plan national sont à ce titre essentiel.

  • Port du masque :

Nous recevons presque 100 millions de masques chaque semaine. Le gouvernement s’est engagé à soutenir les collectivités en prenant en charge 50% du coût des masques selon un prix de base. Grâce à la réouverture des ateliers pour produire des masques en tissu, il y aura assez de masques le 11 mai, que les Français pourront se procurer dans tous les commerces.

Nous nous appuyons sur le couple républicain historique des maires et des préfets, afin d’adapter ces mesures. Les entreprises sont également invitées à équiper leurs salariés pour la reprise.

  • Tester :

À la sortie du confinement, les tests doivent pouvoir être réalisés en plus grand nombre. L’objectif d’atteindre 700 000 tests virologiques par semaine est ambitieux mais semble réalisable. Cela impliquera de tester entre 20 et 25 personnes autour de chaque personne contaminée grâce à la mobilisation des laboratoires publics et privés pour permettre de créer des accès de proximité. Ces tests seront remboursés par l’assurance maladie.

Il y aura une mobilisation des professionnels de santé libéraux qui constitueront la première ligne dans la recherche des cas contacts.

Les équipes de l’assurance maladie seront en appui. Des brigades par département seront chargées de remonter les cas contacts et d’assurer le suivi des test, ainsi que l’application de la doctrine nationale.

  • Isoler :

L’objectif final est de permettre d’isoler les porteurs pour casser la chaine de transmission. Cet isolement signifie la prise de mesures de précautions collectives qui doivent être suivies en appui sur la base du civisme de chacun.

Les préfets et les collectivités définiront avec les acteurs associatifs, les professionnels de santé, le plan d’accompagnement des personnes positives. Celles-ci qui pourront choisir de se confiner chez elles avec les membres du foyer ou dans un lieu mis à dispo (ex : hôtels réquisitionnés)

  • À noter :

Le déconfinement à la date du 11 mai demeure subordonné à un confinement des plus stricts avant cette date. Tout relâchement anticipé reculera d’autant la date d’un déconfinement espéré par tous.

Si tout est prêt le 11 mai, une phase nouvelle s’ouvrira jusqu’au 2 juin pour apprécier les évolutions.

  • Un déconfinement territorialisé pour s’adapter aux réalités locales

Selon le niveau épidémique de chaque département, un plan de circulation différenciée sera appliqué.

À partir du jeudi 30 avril, une carte département par département sera rendue publique pour définir et préparer les modalités de circulation précitées.

  • L’école : un enjeu prioritaire du plan de déconfinement

Le retour des enfants dans les établissements scolaires est un impératif pédagogique et de justice sociale, en particulier pour ceux qui ont des difficultés à suivre l’enseignement à distance.

Ce retour est également à concilier avec la préservation de nos objectifs de santé publique.

Une réouverture très progressive est proposée à compter du 11 mai pour les maternelles et l’école élémentaire, partout sur le territoire et sur la base du volontariat.

A partir du 18 mai, mais seulement dans les départements où la circulation du virus est très faible, la réouverture des collèges envisagée en commençant par les classes de 6ème et 5ème.

Une décision sera prise fin mai quant à la réouverture des lycées, en commençant par les lycées professionnels début juin. 

  • Mise en place des mesures sanitaires à l’école

L’objectif est clair : pas plus de 15 élèves par classe.

La vie scolaire sera organisée autour du respect des gestes barrières, de mesures d’hygiène strictes et de la distribution de gels hydroalcooliques.

Tous les enseignants et encadrants des établissements scolaires recevront des masques, qu’ils devront porter quand ils ne pourront respecter les règles de distanciation sociale.

En maternelle, selon les recommandations scientifiques, le port du masque est prohibé.

À l’école élémentaire, le masque n’est pas recommandé, où des masques pédiatriques seront mis à disposition des directeurs d’école en cas de besoin.

Au collège, le port du masque est obligatoire : des masques seront fournis aux collégiens qui n’ont pu s’en procurer.

  • Les commerces

À partir du 11 mai, à l’exception des cafés et des restaurants, tous les commerces pourront ouvrir à nouveau. Les marchés seront autorisés sauf décision contraire des maires et préfets.

La réouverture des cafés et restaurants décidée à la fin de la première phase de déconfinement débutera le 2 juin en l’absence de reprise de circulation massive du virus.

Pour que cette réouverture se déroule de manière optimale, le respect d’un cahier des charges strict pour tous les commerces est essentiel : limitation du nombre de personnes dans le magasin et port du masque grand public (clients et personnel) recommandé quand pas de distanciation physique garantie, un commerçant pourra subordonner l’entrée dans le magasin au port du masque.

  • Le travail

Le télétravail sera maintenu partout où c’est possible, au moins pendant les 3 prochaines semaines.

Lorsque le télétravail n’est pas possible, la pratique des horaires décalés doit être encouragée. Elle permet de diminuer la présence dans les transports et la circulation dans les espaces de travail.

L’activité partielle reste en place jusqu’au 1er juin, puis fera l’objet d’une adaptation progressive vers une reprise de l’activité.

  • Les activités culturelles :

Les médiathèques, les bibliothèques ainsi que les petits musées vont rouvrir dès le 11 mai. Les grands musées nationaux resteront quant à eux fermés, face à l’impossibilité d’assurer le respect des mesures sanitaires nécessaires en leur sein.

Les salles des fêtes et les salles polyvalentes resteront elles aussi fermées, pour le moment jusqu’au 2 juin.

Les manifestations sportives, culturelles, les salons professionnels ne pourront pas ouvrir avant septembre.

  • Les transports
  • Deux objectifs :

1. Augmenter au maximum l’offre de transports urbains. 70% de l’offre de la RATP sera disponible le 11 mai.

2. Faire baisser la demande, en favorisant le télétravail, en étalant les horaires, en réservant, si besoin, les transports aux heures de pointe à ceux qui travaillent.

  • Une concertation rapide est nécessaire dans chaque région entre les autorités organisatrices de transport, les usagers et les opérateurs de transport pour mettre en œuvre ces objectifs.

Le port du masque sera obligatoire dans tous les transports, métro comme bus et les opérateurs doivent s’organiser pour permettre de respecter les gestes barrières.

  • Exemple : dans le métro parisien, capacité réduite à moins de 30% de la normale, un siège sur deux condamné, marquages au sol sur les quais, etc.

Les bus scolaires circuleront donc à moitié-vide, avec obligation de port du masque pour les collégiens et les chauffeurs.

Le port du masque sera également obligatoire dans les taxis et les VTC qui ne disposent pas de protection en plexiglas.

  • Les déplacements inter-régionaux ou inter départementaux

L’objectif est de les réduire aux seuls motifs professionnels ou familiaux impérieux.

  • Réduction de l’offre, réservation obligatoire dans tous les trains.

Encore une fois, je rappelle l’importance pour chacun d’entre nous de se préparer désormais à vivre avec le virus. Avant l’arrivée d’un vaccin efficace, ce seront les comportements individuels de chacun qui permettront la résistance collective.

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